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La canadienne Santa Fe Metals Corp achète la MMC et son projet minier sur les territoires de communautés Emberas du Choco

6 December 2012
Destruccion ambiental causada por las actividades de exploracion de la MMC

L’offre d’achat d’une entreprise canadienne à la Muriel Mining Corp. pourrait accélérer le début des opérations à ciel ouvert du projet Mande Norte au Jiguamiandó, Choco. La canadienne a les yeux fixés sur le sol et le sous-sol du territoire des communautés autochtones et noires du Jiguamiando, raison pour laquelle elle désire mener cette transaction avec la Muriel Mining Corporation (MMC). Cette compagnie semble avoir réussi à faire grimper de manière inusitée le prix de ses actions grâce à la spéculation financière sur le potentiel du projet Mande Norte.


Un accord dangereux


“ Murindó pourrait être un des uniques systèmes connus de dépôt de minerais dans des roches de porphyre dans le monde, qui ne soit pas encore exploité. Nous croyons que la tension politique s’est considérablement réduite dans la zone et que cela nous permettra de continuer à aller de l’avant avec une évaluation complète de cette émotionnante perspective, n’étant toujours pas perforée! » a affirmé Ian Smith, directeur exécutif de la Santa Fe Metals Corp, SFMC.


L’optimisme de la SFMC quant aux futurs développements du projet Mande Norte méconnait la violence politique qui continue de faire rage dans la région, les opérations de type paramilitaire et les effets de la militarisation sur le territoire, les dommages environnementaux causés par la première phase d’exploration arbitraire, illégale et non achevée, ainsi que les effets sur la population locale, notamment sur les femmes et les enfants Emberas.


Un investissement sur plus de 17 000 hectares qui correspond à neuf concessions minières au sein d’une Zone de Réserve Forestière, dans une région comptant une importante quantité de sources hydriques ainsi que des forêts primaires, habitée par des populations victimes de crimes d’État et de la violence sociopolitique ayant préparé le terrain à l’arrivée des mégaprojets.


Le nouveau “deal”


Il y a quelques jours, la SFMC, qui extrait de l’or, du zinc, du cuivre et du plomb, a annoncé avec sa lettre d’intention l’achat de 100% des actions en circulation de la MMC qui opère en Colombie avec sa branche au Panama, la Gold Plata International Mining Corporation, GP. Selon les termes de l’offre d’achat, la SFMC pourrait acquérir à la GP 100% de ses actions en circulation de la MMC, en échange d’un paiement de 1,5 millions de dollars U.S. et de l’émission de 30% des actions ordinaires en circulation de SFMC à la GP.


La possible réactivation du projet Mande Norte a généré à nouveau l’anxiété et la peur dans les communautés locales. Dans le passé, les activités d’exploration menées par la Muriel Mining Corp. a entraîné des suicides dans la communauté en raison de la peur des conséquences que pourrait entraîner le fait de déterrer les « esprits du bien » qui, dans la cosmovision Embera, résident dans la montagne sacrée Cara de Perro. De plus, cette première phase d’exploration fut accompagnée d’une forte militarisation de la zone et d’abus de la part des forces militaires contre la population locale, qui continuent encore aujourd’hui de se perpétuer.


Une histoire de spéculation


Les déclarations enthousiastes de la SFMC indiquent que l’intérêt spéculatif a fait augmenter la valeur des projections de rentabilité du projet Mande Norte.
La valeur des actions a augmenté jusqu’à 200%  malgré les divers facteurs de risques reliés au projet, la grave situation que vit la région dû au conflit armé, l’impunité qui règne quant aux cas de déplacements forcés, de disparitions forcées, d’assassinats, de suicides de femmes Emberas, ainsi que face à la destruction environnementale causée par les projets extractifs sur le territoire. Malgré tout cela la spéculation financière s’emballe…


Les projets de vie que les communautés ont quant à la gestion de leurs territoires collectifs ne sont nullement pris en compte; pour les minières elles n’existent pas. Dans la pratique, les compagnies canadiennes nient l’existence du processus de consultation interethnique ayant été mené par les communautés, lors duquel elles ont clairement exprimé les raisons politiques, éthiques et techniques pour lesquelles le projet de mine à ciel ouvert n’est pas viable sur leur territoire. En ce moment, la seule annonce de la potentielle réactivation du projet Mande Norte qui détruirait la montagne sacrée des Emberas - Jaikatuma - Cara de Perro - pourrait provoquer de nouveaux cas de suicides.


Par ailleurs, le gouvernement de Santos, malgré ses belles promesses, n’a toujours pas remplit ses obligations quant à la restitution des terres collectives des communautés afrodescendantes et métisses du Jiguamiando et du Curvarado.


Le projet Mande Norte démontre les diverses formes perverses de rentabilité des projets miniers et la capacité de lobby de ce secteur pour vendre ce qui selon toute vraisemblance est absolument irrationnel, tant au point de vue technique qu’humain : l’extraction à ciel ouvert d’une montagne situé au sein de la forêt tropicale humide du Choco où fait rage le conflit armé, où il n’y a pas de voies de communication terrestre, dans une région faisant partie de la biosphère du Pacifique, qui dans le présent et le futur alimente les possibilités de survie de l’humanité et de la planète.

 

Bogotá D.C. 18 novembre 2012
Comisión Intereclesial de Justicia y Paz

 

Résumé et traduit par le PASC
Para ver el informe original completo :
http://justiciaypazcolombia.com/Negocio-de-MMC-aceleraria

Author: 
PASC

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